LES ACTIONS CLIMAT

samedi 24 août 2019

G7 : format réduit pour les mobilisations prévues ce dimanche

EUSKAL HERRIA  | Sommet du G7
En raison des difficultés à assurer la sécurité des participants, les plateformes anti-G7 ont préféré limiter la mobilisation à un seul rassemblement et non aux sept initialement prévus. Le lieu sera communiqué le jour-même, dans la matinée, mais il semblerait que cela se fera à la Chambre d'Amour d'Anglet.

mercredi 21 août 2019

G7 : 25 août 2019 Marche des portraits à Bayonne en pleine zone interdite

ANV-COP21
 
🖼️ G7 : Marche des portraits à Bayonne
en pleine zone interdite 🖼
 
Ce dimanche 25 août, ANV-COP21 organise avec Bizi et Alternatiba une #MarcheDesPortraits pour le climat et la justice sociale.
Le G7 réunit ce week-end à Biarritz les chefs d'État des principaux pays responsables du dérèglement climatique. Malgré l’interdiction de manifester dans cette zone, nous ferons surgir en plein cœur de Bayonne des portraits du président Macron réquisitionnés dans tout l'Hexagone et recherchés par la police. L'occasion d'exposer à la presse internationale le fossé entre les beaux discours du "Champion de la Terre" et ses actes réels !

lundi 12 août 2019

Maternité du Blanc : les élus décrochent le portrait d'Emmanuel Macron !

A lire sur France Bleu

Après la manifestation des "servantes écarlates" à l'hôpital de Châteauroux, des élus ont décroché le portait officiel du président de la république pour le déposer devant la sous préfecture

Les élus ont déposé le portrait officiel du président de la république sur la façade de la sous préfecture
Les élus ont déposé le portrait officiel du président de la république sur la façade de la sous préfecture
Châteauroux, France

C'est une action symbolique...mais lourde de sens ! De nombreux élus du secteur du Blanc, ont  répondu à l'appel du comité de défense des usagers de l'hôpital. Alors que la maternité est menacée de fermeture, ils ont décroché de leurs mairies, le portrait officiel du président de la république Emmanuel Macron, pour aller le déposer symboliquement sur la façade de la sous préfecture. Une action qui a rassemblé, selon le comité de défense, prés de 150 élus ceints de leurs écharpes tricolores, rejoints par au moins, autant de manifestants.

Dans l'après midi, à l'appel du collectif "c'estpasdemainlaveille", une vingtaine de femmes avaient enfilé un costume issu de la série "La servante écarlate" avant de défiler en silence dans l'enceinte de l'hôpital de Châteauroux. Une multiplication des actions alors que la commission d'expertise sur la viabilité de la maternité du Blanc doit présenter lundi soir son rapport au directoire de l'hôpital de Châteauroux-Le Blanc, comme l'a indiqué France Bleu Berry.

jeudi 25 juillet 2019

La justice reconnaît une « faute » de l’Etat pour « insuffisance » dans la lutte contre la pollution de l’air

Lire l'Article du Monde

Le tribunal administratif de Montreuil examinait le recours d’une mère et sa fille atteintes de pathologies respiratoires lorsqu’elles vivaient en banlieue parisienne.


Par Stéphane Mandard  Publié le 25 juin 2019 à 14h36 - Mis à jour le 26 juin 2019 à 12h10

mercredi 24 juillet 2019

Un mois jour pour jour avant le G7 de Biarritz, un 125ème portrait présidentiel décroché à Espelette

Un mois jour pour jour avant le G7 de Biarritz, un 125ème portrait présidentiel décroché à  Espelette

Ce mercredi 24 juillet, soit un mois jour pour jour avant l'ouverture du G7 à Biarritz, le 125ème portrait d’Emmanuel Macron a été décroché à Espelette. Le 23 mai dernier, 80 personnalités avaient appelé à décrocher 125 portraits présidentiels pour le G7, autant que de jours qu'il a suffi à la France pour dépasser son empreinte écologique annuelle. C'est désormais chose faite avec 5 décrochages réalisés ce mercredi matin à Rosny-sous-Bois, Paris 18ème, Magny-Court, Gimouille et, le 125ème, à Espelette, commune basque que devraient bientôt visiter les conjoints des chefs d’Etat et de gouvernement du G7. Ces portraits ressortiront pendant le G7 lors d'une conférence de presse géante qui se tiendra à Bayonne le dimanche 25 août à 10H30.


Le 23 mai, 80 personnalités ont publié un Appel à décrocher 125 portraits d'Emmanuel Macron avant le G7, autant que de jours qu'il a suffi en cette année 2019 à la France pour dépasser son empreinte écologique annuelle. L'objectif était de dénoncer à l'occasion du G7 "devant les 3500 journalistes venus du monde entier, que la politique nationale du président Macron en matière d’environnement et de justice sociale ne correspond en rien à ses grands et beaux discours internationaux, dans lesquels il se positionne comme leader mondial du climat." L'objectif a été atteint ce mercredi 24 juillet, un mois jour pour jour avant l'ouverture du G7 à Biarritz, et en plein nouvel épisode caniculaire donnant d'autant plus de sens à ces actions, avec 5 opérations réalisées sur 5 villes différentes : les portraits présidentiels ont ainsi été décrochés ce matin par divers groupes d'ANV-COP21 (Action Non-Violente COP21) dans les mairies de Paris 18ème, Rosny-sous-Bois en Île de France, Magny-Cours et Gimouille dans la Nièvre.

C'est Bizi, l'antenne basque d'ANV-COP21, qui a décroché le 125ème portrait du président Macron dans la mairie d'Espelette, commune du Pays Basque que Brigitte Macron avait visité le 16 mai dernier pour y préparer le circuit officiel des conjoints des chefs d’Etat et de gouvernement du G7. Les activistes de Bizi ont remplacé le portrait officiel par une affiche disant "Climat, justice sociale, où est Macron ? CETA ez milesker !" (= CETA, non merci !).


125 portraits présidentiels auront ainsi été décrochés un peu partout dans l'Hexagone, déclenchant une vague de répression qui n'a pas réussi à intimider les militant-e-s climat. Le BLAT (Bureau de Lutte Anti-Terroriste) a été saisi, 136 activistes ont été auditionnés et 85 placés en garde-à-vue. 45 d'entre eux sont appelés à comparaître dans pas moins de 14 procès dont trois auront lieu ce mois de septembre ( à Lyon le 2 septembre, à Paris le 11 septembre et à Orléans le 13 septembre).

Les portraits présidentiels recherchés par les police et gendarmerie de toute la France et la Navarre (pas moins de 67 perquisitions à ce jour !) ressurgiront en plein G7, à Bayonne soit dans une zone ou toute manifestation est strictement interdite du 24 au 26 août.

Ce sera à l'occasion d'une conférence de presse géante qui pointera l'énorme fossé séparant les grands discours internationaux du président Macron sur le climat, les beaux objectifs affichés par son gouvernement à l'horizon 2050, les objectifs de l'accord de Paris (de contenir le réchauffement climatique en dessous de 2°C voire 1,5°C) et la politique réelle du même gouvernement Macron, ses actes et décisions concrètes et quotidiennes.

Cette conférence de presse, en présence de nombreux militant.e.s et personnalités du mouvement climat, se tiendra le dimanche 25 août, second jour du G7, à 10H30, dans un endroit du centre de Bayonne qui sera précisé d'ici là.

Bizi et ANV-COP21

Acte de désobéissance fertile n°2 : Mettons les terrains à disposition de projets collectifs

samedi 29 juin 2019

Du gaz lacrymogène dans les yeux : la réponse de l’Etat aux défenseurs du climat

Plus de 300 activistes non violents se sont regroupés sur le pont de Sully, à Paris, pour dénoncer l’inaction face au dérèglement climatique. Gaz lacrymogène dans les yeux, coups de matraque, injures… la réponse de l’Etat. 
Reporterre était là.

jeudi 27 juin 2019

Le tribunal de Strasbourg relaxe trois activistes #DécrochonsMacron

ANV-COP21
 
Victoire ! 🎉
Le tribunal de Strasbourg relaxe trois activistes #DécrochonsMacron
 
 
 
Chère amie, cher ami,
 
Victoire ! Hier, le tribunal de Strasbourg a relaxé trois de nos activistes, Lucille, Michaël et Sylvain. Le même jour, 15 nouveaux portraits ont été décrochés dans tout le pays, par solidarité avec les prévenu⋅es et pour dénoncer le manque cruel de mesures concrètes pour le climat.
Les prochaines semaines sont cruciales pour atteindre le palier annoncé des 125 portraits décrochés jusqu’au G7 fin août - et révéler alors au monde entier le réel bilan climat du président Macron. Soutenez-nous pour relever ce défi !
 
 
Convoqué·es au tribunal pour “vol en réunion” après avoir décroché le portrait d’Emmanuel Macron dans la mairie de Kolbsheim, les trois de Strasbourg ont obtenu la relaxe.
Le même jour, le Haut Conseil pour le Climat publiait son premier rapport, dans lequel il dresse un constat sévère sur l'(in)action du gouvernement en matière de climat.
 
Les soutiens à nos actions se multiplient, de Guillaume Meurice et Cyril Pedrosa aux nombreuses personnes qui viennent soutenir les prévenu·es de chaque territoire, comme à Bonneville (Haute-Savoie) aujourd’hui. Ensemble, poussons le gouvernement à engager le virage nécessaire pour relever le défi climatique et social !
 
Cet été, nous avons besoin de vous pour
  • décrocher les 37 portraits restants pour remplir notre pari des 125 décrochages et montrer au monde entier le vide des beaux discours de Macron lors du G7 à Biarritz
  • former 1 000 personnes à l’action non-violente dans le cadre du Camp Climat
  • accompagner les groupes d'action de Lyon, Paris et Orléans qui préparent des journées de mobilisation massive en septembre autour de leurs procès respectifs
 
 
Il ne reste plus quelques semaines avant le G7 à Biarritz - soutenez nos actions aujourd’hui!

Avec cette canicule, restons plus chaud que le climat !
Activistement votre

mercredi 26 juin 2019

VICTOIRE ! Le Conseil d’Etat annule en partie l’arrêté de 2017 encadrant l’utilisation des pesticides, notamment parce qu’il ne prévoit pas de dispositions destinées à protéger les riverains!

Rappel des faits. Entre juillet 2016 et mai 2017, après des mois de débats, la France s’est dotée d’un nouvel arrêté encadrant l’utilisation des pesticides[1]. Les associations Eau et rivières de Bretagne, Générations Futures et l’Union Syndicale Solidaires, soutenues par des associations impliquées sur le territoire[2], ont engagé une action juridique, jugeant cet arrêté non conforme à la loi et trop peu ambitieux sur la question de la protection de la ressource en eau et des riverains. Avec de l’aide leurs avocats Maîtres Eva JOLY et François LAFFORGUE, ils ont déposé contre ce texte le 3 novembre 2017 trois recours juridiques (en annulation et modification) devant le Conseil d’État[3].

Le 5 juin lors de l’audience au Conseil d’Etat, le rapporteur public, dans ces conclusions avait purement et simplement demander l’annulation de l’arrêté « en tant qu’il ne prévoyait pas de dispositions destinées à protéger les riverains des zones traitées par des produits phytopharmaceutiques. » concluant aussi à la nécessité de renforcer les zones non traitées et les délais de rentrée à tous les modes d’application des pesticides faisant « injonction aux ministres de prendre les mesures réglementaires induites par la présente décision dans un délai de six mois ».

Victoire ! Le conseil d’État vient de rendre aujourd’hui sa décision et nos associations se félicitent de cette dernière. En effet, le Conseil d’Etat dans son jugement suit une grande partie des attentes des ONG, des conclusions du rapporteur public et demande l’annulation d’une partie de l’arrêté “en tant qu’il ne prévoit pas de dispositions destinées à protéger les riverains des zones traitées par des produits phytopharmaceutiques.” Le juge indique en outre que l’Etat devra verser à l’Associations Générations futures et à l’association Eau et rivières de Bretagne, une somme de 2 000 euros chacune au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Pour les associations requérantes, Eau & Rivières de Bretagne, Génération futures, l’Union Syndicale Solidaires ainsi que pour les organisations de terrain impliquées sur ces dossiers et soutenant cette action, c’est une nouvelle victoire qui devra avoir pour effet une meilleure prise en compte des riverains et des milieux exposés à ces pesticides dangereux.

Le Gouvernement peut compter sur toute la détermination de chacune de nos structures pour qu’enfin soit atteint un haut niveau de protection des populations vulnérables exposées et des milieux impactés par ces produits !

Cette victoire collective est aussi la vôtre!
Nos associations ont pu faire ces procédures parce qu'un grand nombre d'entre vous a participé au financement participatif lancé il y a deux ans!
MERCI!!!!
Mais "l'aventure" n'est pas finie! Il va nous falloir maintenant oeuvrer pour obtenir un arrêté réellement protecteur! La tâche va s'avérer ardue mais comptez sur nous pour ne rien lâcher!
Soutenez Générations Futures !
Outre cette action, de nouvelles publications de nouveaux rapports, des améliorations de nos supports d'information et de documentation, un suivi des politiques publiques... sont à venir! Cet été s'annonce riche en préparations et en actions pour Générations Futures.
Or, tous nos travaux de recherche et d'expertise seraient impossibles sans votre soutien. Pour nous aider à continuer notre travail en toute indépendance, devenez membre en adhérant à l'association ou en faisant un don.
N'hésitez pas à parler de l'association autour de vous ou à parrainer un proche.
Nous avons besoin de vous !

J'adhère*
Je fais un don*

Générations Futures
Emilie Örmen,
Chargée de mission adhérents et relais locaux
adherent@generations-futures.fr
01 45 79 07 59

samedi 22 juin 2019

Allemagne : blocage de l'une des plus grandes mines d'Europe Brut nature FR


Des milliers d'activistes venus de toute l'Europe se sont réunis en Allemagne pour une action anti-charbon de grande ampleur. Leur cible : l'immense gisement de lignite à ciel ouvert de Garzweiler. 

Le vidéaste Vincent Verzat de Partager C'est Sympa avait assisté à une mobilisation organisée par ce même mouvement l'an dernier, qui visait alors la mine à ciel ouvert d'Hambach. Brut Nature l'avait suivi.

Pau : une chaîne humaine pour les arbres de la place du Foirail

Article de la REP
Plusieurs membres du collectif Au pied des arbres se sont retrouvés ce samedi matin place du Foirail. Ils entendent "sauver les arbres de la ville".
Palmiers nains, savonnier à fleurs jaunes, tilleuls, autant d’arbres et d’essence de la place du Foirail que le collectif Au pied des arbres entend "sauver". 
Pour marquer le coup, et surtout les esprits, plusieurs membres de ce collectif actif depuis plusieurs mois, ont formé ce samedi une chaîne humaine sur la place du Foirail.
Sur les coups de 11 heures, les membres du collectif ont été rejoints par une cinquantaine de gilets jaunes. 

Manifestation "Au pied des arbres" - Place du Foirail à Pau - les 11 rushs vidéos

vendredi 21 juin 2019

Allemagne : blocage de l'une des plus grandes mines d'Europe

Place du Foirail à Pau : Au Pied des arbres organise une chaîne humaine samedi

Article de la REP
"Les arbres du Foirail ont tous leurs jours comptés, leur abattage est prévu et entériné. L’abattage sans raison des magnifiques platanes des Halles avait provoqué l’incompréhension et une immense tristesse dans le quartier, empêchons les mêmes abattages sur la belle place du Foirail !!!" : le collectif palois Au Pied des arbres, défenseur des arbres dans la ville, a décidé d’agir.

A Lacq, l’industrie pollue gratuitement et impunément grâce à des élus locaux anti-écologie

A lire sur Bastamag

Rejeter en masse des liquides polluants et très toxiques dans le sous-sol est non seulement autorisé pour les entreprises chimiques et pétrolières du bassin de Lacq, mais aussi gratuit, ces entreprises étant exonérées de la taxe sur les activités polluantes ! Derrière cet incroyable cadeau accordé aux industriels, se trouve un homme central dans la politique locale : le député socialiste David Habib. Au nom de la préservation de l’emploi, le député et les élus locaux qui le soutiennent se sont lancés dans une croisade anti-écologique où s’invitent dogmatisme, clientélisme et potentiels conflits d’intérêt. Quatrième et dernier volet de notre enquête sur le bassin industriel de Lacq.

Pau : manifestation au soutien de "Lady Gave Gave"

Article de la REP

Une militante qui avait déposé sur un rond-point d’Assat des déchets ramassés le long du Gave est à nouveau convoquée à la gendarmerie ce vendredi. Une manifestation était organisée à Pau devant la préfecture.


On se souvient qu’au printemps 2018, après une opération citoyenne de nettoyage du Gave de Pau, deux participants, Chloé et Nouri, avaient déposé sur un rond-point proche de Turbomeca, le fruit de leur collecte de déchets, pour dénoncer l’inaction des pouvoirs publics.

mardi 18 juin 2019

Bizi 10 ans ! / Bizik 10 urte : Action contre l'ouverture des supermarchés le dimanche



Bayonne : 150 activistes climat occupent un supermarché ouvert le dimanche, le 16 juin dernier à l’occasion du week-end des 10 ans du mouvement Bizi qui œuvre depuis 2009 en Pays Basque sur les terrains de l’urgence climatique et de la justice sociale.

samedi 15 juin 2019

500 euros d’amende avec sursis pour les décrocheurs de portrait officiel de Macron

Ces portraits pourraient être restitués en cas de changement de politique climatique et environnementale avait expliqué au président du tribunal l’un des prévenus, ce qui avait valu la réplique savoureuse de ce dernier : « Donc vous n’allez pas les rendre. »

Le tribunal de grande instance de Bourg-en-Bresse a condamné, mercredi, six militants d’Action non violente-COP21 à des peines inférieures à celles requises par le procureur.

article du Monde 

jeudi 13 juin 2019

Tchernobyl (2019) | Bande annonce officielle | HBO



Le 26 avril 1986, la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine, a subi une grave explosion qui a provoqué le dégagement de matières radioactives en Biélorussie, en Russie et en Ukraine, ainsi qu'en Scandinavie et en Europe occidentale. Tchernobyl raconte l'histoire de l'accident de 1986, l'une des pires catastrophes de l'histoire de l'homme, et des sacrifices consentis pour sauver l'Europe du désastre inimaginable. Tchernobyl sera présenté le 6 mai sur HBO.

mardi 11 juin 2019

"Homo destructor”, que fait l’homme pour la terre ?



Regards croisés, avec Sophie Landrin et Stéphane Foucart du Monde, et le philosophe Michel Serres, professeur à Stanford University, membre de l'Académie française, dont le livre "Le Contrat naturel" paraît en version actualisée aux éditions du Pommier.

Monique Pinçon-Charlot : Casse sociale, le début ?

samedi 1 juin 2019

Marché bio : une fête pour le départ du foirail vers Billère

Article Sud-Ouest ici

PAR MIREILLE DUDUN, PUBLIÉ LE 1 JUIN 2019 À 9H51.

Le 22 juin, le dernier marché bio au Foirail donnera l’occasion d’une fête pour marquer cette date.



Samedi 22 juin sonne désormais comme une date historique pour les bios de Pau et des environs. Ce samedi-là, se tiendra le dernier marché bio au Foirail avant son déménagement à Billère. Où il se commencera sa nouvelle vie mercredi 26 juin. L’Association du marché bio de Pau (AMB) accrochera des banderoles sur les murs du Foirail et des flyers seront distribués.


Tout se passera donc en musique ce 22 juin, histoire de célébrer « la der » au Foirail. Au programme de la journée : les prises de parole, à 12 h, seront suivies d’un buffet de type « auberge espagnole » qui réunira consom’acteurs, producteurs, artisans, commerçants. Un pot d’adieu sera offert par l’AMB.

Puis à 14 h, un déménagement/transhumance/déambulation (« c’est comme on veut » précise l’association) « en fanfare à pied, à vélo, en voiture, en camion »… partira du Foirail pour la place François-Mitterrand à Billère, en passant par la rue des Marnières. Là, les bios seront accueillis en musique par le maire Jean-Yves Lalanne avec café gourmand… Une page d’histoire se tournera.

lundi 27 mai 2019

"Le mouvement climat, et après ?" - Un texte de Clive L. Spash 6 mai 2019, Vienne... à lire de toute urgence

Texte issu du site "LE PARTAGE" à retrouver en cliquant ici

Note du Traducteur (Nicolas Casaux) : Ce n’est pas tous les jours qu’un universitaire comme Clive Spash, partisan de la décroissance, se permet de commenter de manière assez franche les derniers développements du mouvement écologiste. Or, ainsi qu’il le remarque lui-même : « L’activisme et le monde académique devraient être bien plus imbriqués ». Pour cette raison, il m’a semblé intéressant de traduire ce petit texte (et de l’annoter). Clive Spash est un auteur très intéressant, ses critiques du néolibéralisme et des errements du mouvement écologiste sont souvent très riches et très justes, mais malheureusement elles ne sont pour l’instant pas traduites en français (à l’exception du présent article). On peut les lire en anglais sur son site : https://www.clivespash.org/

Commentaire sollicité pour la Tellus Foundation [Ce bref commentaire a été écrit comme une contribution pour la table ronde intitulée « A Great Transition » (Une bonne transition), qui se concentrait sur le mouvement climat et qui avait débuté par une déclaration de Bill McKibben. Trois questions étaient au cœur du débat : Où en est le mouvement climat ? Changement systémique, plutôt que changement climatique ? Avons-nous besoin d’un méta-mouvement ?]

Un mouvement écologiste captif ?
Comme toutes les ONG écologistes, le « mouvement climat » subit l’influence du néolibéralisme, le joug du monde des affaires. Les néolibéraux affectionnent d’attaquer les gouvernements tout en ignorant totalement le contrôle corporatiste de l’économie. Aux USA, l’étendue de ce contrôle est très simplement ignorée (par leur président lui-même, et pas seulement le dernier, ainsi que par tous les échelons hiérarchiques inférieurs). On observe un échec généralisé d’établissement d’un lien entre le social et l’économique, d’une part, et l’écologie, d’autre part. L’analyse politique est médiocre, la critique sociale inexistante et la capacité à imaginer d’autres manières d’organiser la société, libérées du paradigme de la croissance économique et des marchés, est nulle.

Ainsi le mouvement climat fait-il la promotion de mesures financières (taxes, marché du carbone), d’innovations (nouvelles technologies, par exemple), de la financiarisation de la Nature (au travers des « services écosystémiques », des écosystèmes considérés comme fournisseurs de biens et de services, du « capital naturel »), de la compensation pour perte de biodiversité (« compensation écologique ») ou de la compensation des émissions de gaz à effet de serre, ainsi que de nouvelles mesures quantitatives de la croissance.

Le capitalisme techno-optimiste, la croissance verte et les Green New Deals
Au-delà des anecdotes personnelles, le texte de Bill McKibben [le fondateur et dirigeant de l’ONG désormais internationale 350.org, créée grâce à et toujours subventionnée par l’argent des richissimes fondations philanthropiques des Rockefeller, et d’autres ultra-riches, NdT] pour cette table ronde paraît promouvoir un changement systémique, mais est-ce bien le cas ? Voici ce qu’il écrit :

« Le mouvement pour le désinvestissement […] avec des engagements de fonds de dotations et d’autres portefeuilles valant environ 8 billions de dollars. »
« Dans 75 ans, le monde fonctionnera grâce au solaire et au vent parce qu’ils sont gratuits. » [Contrairement au pétrole, au gaz et au charbon ?]
« Le changement ne sera jamais trop rapide. »
« Les grèves pour le climat qui se produisent actuellement ont été inspirées par Greta Thunberg. »
« Le combat incroyablement excitant pour un Green New Deal. »
« Si nous remplaçons les combustibles fossiles par le solaire et l’éolien, cela aura inévitablement pour conséquence d’éroder au moins en partie les structures de pouvoir actuelles. »
« Il y aura des milliardaires du solaire. »
« Le déclin extrêmement rapide du prix des énergies renouvelables et du stockage de l’électricité indique que les conditions nécessaires pour un changement rapide sont désormais en place. »
Son objectif est un financement massif de nouvelles sources d’énergie, ce qui correspond en gros à l’argument économique (néoclassique) habituel selon lequel des substituts existent, que les mécanismes financiers mettront en place. Cela repose sur la croyance selon laquelle les mécanismes financiers sont de justes indicateurs qui reflètent véritablement le prix des ressources — et qui ne sont pas déterminés par les relations de pouvoir, les lois et régulations, les subventions et les infrastructures publiques. Si c’est bon marché, c’est bon. La politique, l’extractivisme ou les limites biophysiques (c’est-à-dire les ressources nécessaires aux technologies électriques) ne sont pas pris en compte, ou très peu, ni le besoin de contrôler la demande plutôt que de fournir toujours plus. La technologie nous sauvera, les marchés fonctionnent et il y aura de l’électricité « à volonté » pour tout le monde.

Le mythe de l’entrepreneur capitaliste innovateur de l’école économique néo-autrichienne et de l’idéologie néolibérale se tient dans l’ombre de telles affirmations. Le Green New Deal risque aussi d’être un outil au service des milliardaires du monde des affaires. Aux USA, des règles spéciales sont proposées pour sortir ces billions de dollars du processus politique et pour les placer entre les mains d’un « comité spécial ». Les mêmes groupes d’intérêts se trouvent sans doute en coulisses. L’école française de régulation décrit la manière dont le capitalisme s’est historiquement adapté en réponse aux crises qu’il crée, en autorisant des changements dans la minorité gouvernante, tout en perpétuant son contrôle de la majorité. Il y a longtemps, Karl Polanyi a remarqué la manière dont ces crises mènent à des compensations sociales (les « new deals », par exemple), afin d’éviter un effondrement complet, des troubles civils et une rébellion potentielle. Lorsque cela échoue, le capitalisme recourt à la force, à davantage d’autoritarisme, ainsi qu’on l’observe à travers la sécurisation, la surveillance et la militarisation croissantes, et la montée de la droite politique.

Contrairement à ce qu’affirme Bill McKibben, les « nouvelles technologies » ne mènent pas du tout inévitablement à des changements dans les relations de pouvoir économiques et politiques. [J’ajouterai que les « nouvelles technologies » mènent le plus souvent au maintien des structures politiques et économiques dominantes. Les « techniques autoritaires » requièrent et perpétuent des structures sociales autoritaires. Or les « nouvelles technologies » en question relèvent de cette catégorie des « techniques autoritaires » dont parlait Lewis Mumford. NdT]. En effet, les billions qu’il réclame doivent servir à investir dans la croissance de l’économie au travers d’une augmentation de la production industrielle d’énergie dite « verte » et de l’approvisionnement du marché en marchandises. Qu’est-ce qui empêche cet argent d’aller à la B-Team (que mentionne Hans Baer) ? [La B-Team est un groupe d’importants dirigeants du monde des affaires, d’entrepreneurs soi-disant « responsables », formé à Davos par Richard Branson, le fondateur du groupe Virgin ; parmi les membres de la B-Team, on retrouve François-Henri Pinault, PDG du groupe Kering, Emmanuel Faber, PDG de Danone, Oliver Bäte, directeur général de la société d’assurance Allianz, Jochen Zeitz, ex-PDG de PUMA, ou encore Christiana Figueres, secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques entre 2010 et 2016… et fervente supportrice d’Extinction Rebellion[1], NdT]. Où sont les nouvelles institutions garantissant que ces fonds ne soient pas captés par les groupes d’intérêts financiers dominants ? La technologie ne crée pas d’institutions, elle en requiert !

Les institutions existantes des économies modernes servent à appuyer la croissance économique. Cette priorité de la croissance a été rendue claire par les plus de 3 500 économistes qui soutiennent une taxe pour le climat et s’opposent à un changement structurel. De la même manière, Lord Stern est la figure académique de la New Climate Economy (« nouvelle économie climatique »), un concept créé par des membres de l’élite de Davos à l’occasion de la publication de leur rapport « Meilleure croissance, meilleur climat ». Leur inquiétude explicitement formulée est la suivante : « Sur le long terme, si le changement climatique n’est pas endigué, la croissance elle-même sera menacée ». Un changement se profile. Les corporations et les milliardaires le comprennent très bien. Ils organisent un lobbying intensif sur le climat et l’environnement depuis le sommet de Johannesburg (Sommet de la Terre de 2002) [et même depuis avant cela, NdT], et constituaient une force majeure lors de celui de Paris (COP 21, 2015). Cela fait également longtemps qu’ils cherchent à contrôler ou orienter le mouvement écologiste afin qu’il serve leurs objectifs à eux. [Voir le texte de Michael Barker intitulé « Comment les riches ont façonné et neutralisé le mouvement écologiste grand public », NdT].

Leur argent soutient déjà Extinction Rebellion et Greta Thunberg. Greta est louangée, applaudie et accueillie par l’élite internationale de Davos, qui espère pouvoir l’utiliser pour obtenir ces billions de dollars de financement. Tant qu’elle joue le jeu, elle peut espérer gloire et récompenses. Comment est-ce possible qu’une enfant soit ainsi précipitée sous les feux de la rampe, devant les caméras des médias internationaux, autorisée auprès des dirigeants les plus importants de la planète ? Et pourquoi ? Pourquoi n’a-t-elle pas été ignorée comme tous les manifestants qui disent exactement la même chose depuis des décennies ?


Farhana Yamin
[NdT : Je me permets d’insérer ici une brève note que j’avais écrite à propos d’une figure importante d’Extinction Rebellion au Royaume-Uni : À droite d’Al Gore, sur la photo de gauche, ci-dessus, Farhana Yamin, avocate spécialiste du droit environnemental, membre du mondialement célèbre think tank britannique Chatham House (« l’un des think tanks les plus influents du monde », selon L’Express), membre du Conseil sur le programme mondial concernant le changement climatique du Forum économique mondial (WEF), et également membre clé et coordinatrice du mouvement Extinction Rebellion au Royaume-Uni (où le mouvement est né).

En parallèle, dans le contexte de l’UNFCC (la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques), Farhana Yamin fournit des conseils juridiques, stratégiques et politiques à des ONG, des fondations et des pays en développement.

Elle a également fondé une ONG, « Track 0 », qui promeut le passage à une économie « à faible émission de carbone », et même à une économie « neutre en carbone », notamment au travers d’une transition au cours de laquelle les combustibles fossiles seraient abandonnés et notre énergie deviendrait 100 % issue des industries (des) soi-disant « renouvelables ». D’après son ONG, « investir dans les infrastructures des énergies renouvelables est la clé pour relancer la croissance ».

À gauche d’Al Gore, la directrice de Greenpeace International, Jennifer Morgan. Avant cela, elle était directrice du programme climatique du World Resources Institute. Et avant cela, elle dirigeait le programme mondial pour le changement climatique du WWF (eh oui, c’est un peu comme au foot, ces gens-là passent d’une ONG à une autre, d’un institut à un autre, etc.). C’est elle qui a accompagné Greta Thunberg au Forum économique mondial de Davos, dans le cadre du branle-bas de combat qui s’organise autour du « Green New Deal » et des investissements massifs (des dizaines de milliards d’euros, et sans doute plus) qu’il appelle dans le secteur des industries des énergies dites renouvelables.

Leur combat vise moins à sauver la planète qu’à sauver la société industrielle capitaliste — même si les jeunes qui sont embrigadés espèrent ou croient parfois le contraire. L’effervescence que l’on observe en ce moment, avec les marches pour le climat, les « grèves pour le climat », le « mouvement climat », à travers le monde, n’est pas vraiment le résultat d’un activisme populaire, mais plutôt celui d’une orchestration médiatique et politique qui vise à déclencher une nouvelle phase du capitalisme industriel. Celle des énergies soi-disant « renouvelables » industrielles, ces énergies « dérivées du pétrole », comme les appelle le chercheur états-unien Ozzie Zehner, parce qu’elles dépendent de l’extraction et de l’utilisation de combustibles fossiles tout au long de leur cycle de fonctionnement. De nouvelles sources d’énergie pour alimenter la mégamachine à tout détruire mondialisée.]

Manifestement, en tant que nouvelle superstar de l’écologie, en tant que personne seule, Greta Thunberg est utile pour court-circuiter toutes les autres organisations : utile tant qu’elle attaque les bonnes personnes (les politiciens, les « gouvernements »), les faisant passer pour les coupables (détournant l’attention des corporations), et qu’elle encourage le financement d’une « Nouvelle économie » (New Economy) basée sur l’innovation, la technologie, les nouveaux marchés et la croissance économique. Les médias peuvent minimiser ou ignorer les quelques minces critiques adressées au système ou à la croissance économique et ne rapporter que ce qui sert les intérêts financiers dominants. Le jour où elle osera devenir réellement « politique », attendez-vous à ce qu’elle disparaisse rapidement de la scène médiatique.

Le mouvement Extinction Rebellion (XR) est également utile. Il affirme ne pas avoir d’agenda politique, ce qui est évidemment une affirmation fallacieuse, sinon frauduleuse. Ses membres s’engagent dans une lutte de pouvoir, mais au profit de qui ? Exiger la déclaration d’une « urgence climatique » dans l’objectif de débloquer des billions de dollars, mais pour qui ? Pour soutenir quoi ? Les inquiétudes honnêtes et la sincérité des individus rejoignant XR n’ont pas à être mises en doute, pas plus que celles de Greta. Cependant, il y a clairement des intérêts politiques et financiers en jeu ici, ce que beaucoup de membres d’XR ne semblent pas remarquer, de manière plus ou moins volontaire. À qui, contre qui Extinction Rebellion s’oppose-t-il ? Où est leur analyse des structures de pouvoir qu’il nous faudrait changer ? Se rebeller contre l’extinction, pas contre le capitalisme, pas contre l’État ou contre les corporations ?! [Le huitième point des « principes et valeurs » d’Extinction Rebellion stipule : « Nous évitons de blâmer et de dénigrer. Nous vivons dans un système toxique, mais aucun individu n’est à blâmer. ». Ce qui en dit long sur la conflictualité et la critique portées par le mouvement, et ce qui correspond étrangement au principe néolibéral selon lequel nous sommes tous également responsables du statu quo, NdT]

Ce qui se passe actuellement semble correspondre au schéma habituel d’une révolution passive. Lorsqu’un pouvoir hégémonique est menacé, il s’empare des dirigeants du mouvement qui le menace et les neutralise en les cooptant dans ses cercles de pouvoir. Il s’assure ainsi d’éviter tout changement révolutionnaire radical. Il s’assure de diviser le ou les mouvements qui le menacent, d’amoindrir leurs exigences en séparant les pragmatiques des radicaux, en formant de nouvelles alliances avec les premiers, en associant le langage des mouvements radicaux aux exigences des pragmatiques [voir l’enquête de Steve Horn que nous venons de publier, intitulée « Stratfor ou un exemple du combat du monde de l’entreprise contre les milieux activistes », qui parle exactement de cela, NdT]. Les élites menacées créent ainsi des mouvements captifs qui adoptent le langage des rebelles et font mine de porter leurs revendications. Cela s’inscrit parfaitement dans le prolongement de ces décennies d’emprise du monde des affaires sur le secteur des ONG, qui ont donné naissance au nouveau pragmatisme écologique, à la différence près que leurs derniers agissements sont plus ostensibles, étant donné que les enjeux ne cessent de grimper.

Et ensuite ?
Le mouvement climat avance le long d’un chemin de crête, entre l’encouragement d’une nouvelle phase de croissance économique, d’un côté, et des réformes économiques et politiques radicales obtenues au travers d’une transformation socio-écologique, de l’autre. Il penche en ce moment du premier côté. Il en sera ainsi tant que les forces potentielles de changement opèreront au travers des corporations et demeureront attachées au productivisme, au « développement » équitable et au nationalisme. Le mouvement climat pourrait constituer une véritable menace pour ceux au pouvoir, c’est précisément pourquoi il est infiltré et invité à « s’assoir à la table ». Le changement climatique a été et est utilisé pour occulter tous les autres problèmes écologiques, pour imposer une solution unique à des problèmes systémiques.

Toute ONG ou tout économiste qui prétend n’avoir aucun agenda politique est soit totalement naïf soit totalement indigne de confiance. Et possiblement les deux. Le Green New Deal peut-il correspondre à un accord de décroissance, non contrôlé par une élite ? Réussirons-nous à ouvrir les yeux des écologistes sincères qui manifestent en faveur de solutions néolibérales, qui vont en prison pour de mauvaises raisons ? À leur faire comprendre les manipulations orchestrées par le pouvoir corporatiste et politique ?

L’activisme et le monde académique devraient être bien plus imbriqués. Leur solidarité pourrait commencer par la recherche d’une compréhension commune des structures du système économique et politique. En ajoutant les implications de la réalité biophysique à cette compréhension, nous devrions déconstruire l’imaginaire de la croissance économique, au lieu de le ripoliner en « vert » sur la base de sources d’énergie mythiques supposément gratuites et du bon-vouloir de milliardaires.

Clive L. Spash
6 mai 2019, Vienne

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mercredi 22 mai 2019

Manif du 25 mai : Jaune/Vert

article la Rép
Une convergence verte et jaune pour le climat et contre la répression
   

Les militants jaunes et verts vont converger samedi après-midi à Pau pour un rassemblement commun.

Ce samedi après-midi, Gilets jaunes et marcheurs pour le climat s’associent pour un rassemblement commun, place de la Libération à Pau. 

La place de la Libération se transformera en une grande scène de théâtre de rue, ce samedi 25 mai  à partir de 14 h 30. C’est la concrétisation d’une convergence, amorcée depuis quelques mois, entre le mouvement palois des gilets jaunes et le collectif local "Il est encore temps", qui milite pour la préservation du climat.


Les verts et jaunes béarnais ont saisi l’occasion de la marche mondiale pour le climat pour s’unir sous la forme d’une "manifestation contre la violence faite au vivant et aux militants". Délaissant le traditionnel défilé, "les militants des deux mouvements mettront en scène l’urgence climatique", a annoncé ce mercredi en fin de matinée, Christiane Marin (gilet jaune paloise de l’assemblée citoyenne), accompagnée d’une dizaine de citoyens engagés dans ce mouvement.

Ils ont repris à leur compte à la fois l’appel national des gilets jaunes "Pour une convergence écologique" (appel de Saint-Nazaire) et celui du collectif climat "Stop à la destruction de la planète, stop à la répression des ses humains. "Ce qui nous a vraiment réunis, c’est le sentiment que l’on ne pouvait pas laisser réprimer aussi violemment des hommes et femmes qui manifestent pour simplement exprimer leurs opinions", notait de son côté Jean-Yves Deyris du collectif "Il est encore temps", lequel dénonce la dérive autoritaire des autorités. On peut également noter que les représentants locaux de la CGT appellent à soutenir le rassemblement. 

En plus de la lecture et de la mis en scène des textes rassembleurs des jaunes et verts, les manifestants relaieront un appel des artistes en soutien  aux gilets jaunes, pour lequel ils espèrent la présence du scénariste de BD palois, Wilfrid Lupano ("Les vieux fourneaux"), qui vient de refuser, avec humeur, la médaille de chevalier des Arts et Lettres.     

Les sculptures de Josiane Van Daele seront également exposées sur le parvis de l’église Saint-Jacques. Les manifestants ne s’interdisent pas de terminer l’après-midi par une marche vers le square Aragon et le grand prix historique qu’ils estiment peu compatible avec l’urgence climatique.

lundi 20 mai 2019

L’Affaire du siècle est désormais entièrement entre les mains du juge

COMMUNIQUE DE PRESSE – Lundi 20 mai 2019

Les quatre ONG requérantes déposent aujourd’hui devant le tribunal administratif de Paris leur mémoire complémentaire.

Après la requête déposée pour l’Affaire du Siècle devant le tribunal administratif de Paris le 14 mars dernier, les avocats de Notre Affaire à Tous, la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme, Greenpeace France et Oxfam France ont transmis au juge un “mémoire complémentaire” détaillant l’ensemble des arguments présents dans le recours en responsabilité contre l’État français pour inaction climatique.

Présentation au juge de tous les arguments détaillés des ONG

Pour Notre Affaire à Tous, la Fondation Nicolas Hulot, Greenpeace France et Oxfam France :

« Avec le dépôt de ce “mémoire complémentaire”, l’étude complète de l’Affaire du siècle peut enfin commencer. Le document transmis au tribunal administratif de Paris détaille les manquements de l’État en matière climatique depuis le premier rapport du GIEC en 1990 et le Grenelle de l’environnement. Le travail des avocats, juristes et experts de nos quatre organisations dévoile une quantité conséquente d’obligations non mises en oeuvre par l’État. Le document revient aussi sur le préjudice écologique et sur les préjudices moraux des associations.

Les préoccupations de nos associations sont les suivantes : peut-on accepter que les gouvernements français successifs aient échoué à leur obligation générale de protéger les droits fondamentaux de leurs concitoyens, menacés par les changements climatiques ? Peut-on accepter qu’alors que les autorités étaient informées du dérèglement climatique au plus tard dès les années 1990, la première politique publique climatique ne date que de 2005 avec la loi dite “POPE” ? Peut-on accepter que parmi les obligations spécifiques que l’État s’est lui-même fixées depuis les années 2000, la majorité d’entre elles ne soient pas respectées ou pas mises en oeuvre ? Pour nos ONG, la réponse est trois fois non. »

Par exemple :

En matière d’efficacité énergétique : L’objectif fixé pour la France pour 2020 au niveau européen ne serait atteint qu’en 2026. La loi Grenelle I (2009) fixait déjà l’objectif de 38 % de baisse des consommations d’énergie du parc des bâtiments existants d’ici à 2020, soit un objectif de 400 000 rénovations de logements chaque année à compter de 2013, rehaussé à 500 000 par la loi de transition énergétique de 2015. Or, il n’y a aucun dispositif de suivi mis en place par l’État. Actant le retard pris par la France sur la rénovation, le projet de nouvelle Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) évoque désormais 300 000 rénovations « équivalent complètes » par an.
En matière de transport : aucune stratégie cohérente n’a été mise en oeuvre pour atteindre les objectifs fixés par la loi pour renverser la prédominance du transport routier. Alors que la loi Grenelle prévoyait d’atteindre 25 % de hausse de la part modale du fret non routier et non aérien en 2022, la part du ferroviaire s’est effondrée depuis 2001 pour atteindre 10 % en 2017. Sur les 400 milliards d’euros investis dans les infrastructures de transport entre 1990 et 2015, 69,4 % l’ont été pour les routes (contre 19,6 % pour le réseau ferroviaire SNCF et 10 % pour les réseaux ferrés urbains).
En matière d’agriculture : en 2017, seule une portion de 6,5 % de la surface agricole utile était cultivée en France en agriculture biologique, loin de l’objectif fixé par la loi Grenelle I de 20 % en 2020. Les ventes d’engrais azoté (41 % des émissions du secteur) ont augmenté de 13 000 tonnes sur la période 2014-2016, en totale contradiction avec la Stratégie nationale bas carbone (SNBC) qui prévoyait de réduire l’utilisation de ces engrais.
Oui, nous pouvons remporter l’Affaire du Siècle

Dans le monde, le mouvement pour la justice climatique remporte des victoires et une nouvelle jurisprudence est en train de voir le jour. Le juge peut reconnaître la responsabilité de l’État français et enjoindre au Premier ministre et aux ministres compétents d’adopter toutes les mesures nécessaires pour mettre un terme à l’ensemble des manquements de l’État et réparer les préjudices subis.

Si malgré tout l’État ne se décidait pas à agir, il se mettrait hors la loi. Les ONG pourraient alors saisir à nouveau la justice et demander l’exécution forcée de la décision.

Une procédure qui ne dédouane pas l’État d’agir aujourd’hui pour le climat

Alors que plus de deux millions de personnes ont apporté leur soutien à cette initiative juridique sans précédent en France, le gouvernement ne peut se contenter d’attendre l’audience qui pourrait intervenir dans 1 à 2 an(s), sans compter un éventuel appel. La crise climatique est telle que chaque jour qui passe doit être mis au service d’avancées structurantes. Nous appelons l’État à accélérer ses efforts sans attendre l’issue de l’instruction.

Parallèlement au recours, les ONG de l’Affaire du Siècle ont ainsi proposé 6
catégories de solutions politiques pour commencer à endiguer la crise
climatique en France :

Instaurer une fiscalité socialement juste au service de la lutte contre le changement climatique. Par exemple : une taxation du kérosène des avions et une taxe carbone dont les recettes sont redistribuées aux ménages.
Créer un service public local de la rénovation énergétique des logements dans tous les territoires, notamment pour éliminer les passoires énergétiques.
Donner la possibilité à toutes et tous de se déplacer plus proprement. Par exemple, en investissant dans les transports en commun, le train et en interdisant la vente de véhicules diesel et essence à horizon 2030.
Instaurer le droit à une alimentation saine et durable pour toutes et tous. Par exemple, en soutenant les repas bios et végétariens dans les cantines.
Développer massivement des énergies renouvelables.
Mettre fin aux cadeaux qui encouragent les entreprises dans leurs actions climaticides. Par exemple, en supprimant les niches fiscales aux activités et industries les plus polluantes.
Pour les porter, et contraindre l’État à agir dès maintenant en matière climatique, l’ensemble des leviers doit être mobilisé. Par conséquent, les organisations de l’Affaire du Siècle apportent leur soutien à la mobilisation de la jeunesse le 24 mai prochain, qui, pour la deuxième fois en quelques mois, prendra place partout dans le monde pour assurer leur avenir.

Contacts presse :
Fondation Nicolas Hulot : Manuela Lorand – 06 98 45 46 91 / m.lorand@fnh.org
Greenpeace France : Aude Schmuck – 06 33 58 39 46 / aude.schmuck@greenpeace.org
Oxfam France : Noélie Coudurier – 06 17 34 85 68/ ncoudurier@oxfamfrance.org
Notre Affaire à Tous : Marie Pochon – 06 52 26 19 41 / marie@notreaffaireatous.org